Médias

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À titre de professionnel des médias, vous êtes appelé à couvrir certains suicides.

La couverture médiatique du suicide peut avoir une influence sur les personnes vulnérables et entraîner une hausse des cas de comportements suicidaires dans les jours ou les semaines qui suivent l’événement médiatisé.

Un traitement médiatique adéquat du suicide contribue à sauver des vies.

Ce guide vous aidera à couvrir ce sujet délicat de façon sécuritaire et préventive. Merci de votre engagement pour bâtir un Québec sans suicide.

Ce qui est recommandé

(selon l’Organisation mondiale de la Santé)

  • Valoriser la demande d’aide et présenter les ressources disponibles, notamment celles qui sont spécialisées en prévention du suicide ou en santé mentale. Partout au Québec, l’aide est disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Les services sont gratuits, bilingues et confidentiels :
  • Mettre l’accent sur les signes de détresse. Diffuser les signes d’alerte peut permettre à quelqu’un de venir en aide à une personne en détresse. En effet, le suicide se produit rarement sans avertissement.
  • Prendre en considération les répercussions du suicide sur les familles et sur les proches. L’accent doit être mis sur le deuil que vivent les proches de la personne décédée.
  • Décrire les séquelles physiques des tentatives de suicide (lésions cérébrales, paralysie, etc.) pour être dissuasif.
  • Lorsque c’est possible, alimenter l’espoir en donnant la parole à des personnes qui ont réussi à surmonter la détresse avec de l’aide professionnelle.

Agir sur l’effet de contagion possible

  • Attention à l’effet de contagion (identification à la personne décédée), c’est-à-dire que d’autres, se reconnaissant dans les problèmes de la personne décédée, voient le suicide comme une solution à leurs problèmes ou utilisent le même moyen pour se suicider. Pour ce faire :
    • NE PAS donner une explication simpliste. Le suicide est un problème multifactoriel. Il est généralement le résultat d’une interaction complexe de nombreux facteurs individuels ou environnementaux (problème de santé mentale, abus de substance, conflits interpersonnels, etc.). Si l’on cible une cause unique, nous craignons l’effet sur les personnes souffrant du même problème;
    • Ne pas publier de photos ou de lettres de suicide;
    • Éviter de donner trop de détails sur le geste, le lieu et le moyen utilisé. Certains endroits étant traditionnellement associés au suicide, la publicité que l’on peut en faire accentue le risque de décès par suicide à partir de ces lieux;
    • Ne pas présenter le suicide comme une solution compréhensible ni donner l’impression que la personne est désormais soulagée ou que le suicide était inévitable;
  • Attention à la glorification de la personne décédée ou au traitement sensationnaliste de la nouvelle, particulièrement lorsqu’il s’agit d’une personne célèbre. La glorification (ex. : présenter les personnes comme des martyrs ou des objets d’adulation du public) peut suggérer aux personnes vulnérables au suicide que la société dans laquelle ils vivent admire dans certaines conditions le comportement suicidaire.
  • Il est normal de chercher à comprendre ce qui s’est passé, mais il faut éviter de chercher, voire de trouver un coupable ou un responsable du geste posé.
  • Se méfier des généralisations fondées sur de petits nombres. Éviter des expressions telles que « épidémie de suicides » ou « l’endroit où le taux de suicide est le plus élevé du monde ». Toujours interpréter les statistiques avec prudence et utiliser des sources fiables.
  • Les titres de la première page d’un journal ne sont jamais l’endroit idéal pour diffuser des informations sur un suicide.

Peu de temps après le suicide de l’animateur Gaétan Girouard, en 1999, il y a eu une hausse du nombre de suicides. Il existe un lien entre ces décès et la façon dont la nouvelle avait été rapportée dans les médias. Le décès de Dédé Fortin n’a pas eu le même effet. Le drame avait été rapporté différemment; l’accent avait été mis sur la détresse du chanteur.

Les mots pour le dire

  • Parler de suicide « complété » ou « non complété » plutôt que de suicide ou de tentative « réussi(e) » ou « raté(e) »; le suicide ne doit pas être associé à une connotation positive ou négative.
  • Privilégier l’expression « personne décédée par suicide ».
  • Éviter de parler de « choix » ou de « solution » lorsqu’on parle de suicide.

En savoir plus

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5400, boul. des Galeries, local 575
Québec (Québec) G2K 2B4

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